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Mouton. Côté A
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Mouton. Côté B
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Mouton. Côté C
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Mouton. Côté D
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Mouton. Vue de dessus
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
Mouton. Vue de dessous
Photo : Sébastien Martel 2022, Creative Commons 4.0 (by-nc-nd) Pointe-à-Callière, Cité d'archéologie et d'histoire de Montréal
PROVENANCE ARCHÉOLOGIQUE+
Provenance archéologique
DbEr-1 > Opération 14 > Sous-opération D > Lot 1 > Couche stratigraphique g > Numéro de catalogue 70
Contexte(s) archéologique(s)
Atelier
Dépotoir
ÉVALUATION D'INVENTAIRE+
Le mouton a été sélectionné pour la collection archéologique de référence du Québec, car il s'agit d'un exemple de rejet de production résultant de la cuisson extrême d'objets céramiques. Il a également été choisi parce que malgré sa déformation, le mouton démontre une méthode d'enfournement des terres cuites grossières peu fréquente, soit par l'empilement de terrines à l'aide de supports en « L ».
SYNTHÈSES ET RÉFÉRENCES+
Synthèse historique
Le mouton en terre cuite grossière est un rejet de production céramique produit entre 1855 et 1889 à l'atelier céramique du maître-potier Charles Belleau (1813-1889), à La Baie, au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Par définition, un mouton est une agglomération d'objets céramiques déformés, affaissés et fusionnés en un bloc en raison de l'utilisation d'une chaleur excessive lors de la cuisson. Ici, le mouton est composé de quatre terrines, de dix supports en « L » ou « pan rings » et d'une brique de four.
La cuisson est l'étape la plus cruciale dans le travail de la céramique. Un mauvais contrôle de la température peut provoquer de nombreux défauts, spécialement lorsqu'une surcuisson survient : elle peut engendrer des défauts irréversibles aux pièces céramiques et briser le four. Ce mouton a probablement causé un bris au four de Belleau, comme en démontre la présence d'une brique de four fusionnée à la base de l'objet. Après le défournement, le mouton est rejeté avec d'autres objets défectueux. Traditionnellement, le contrôle de la température se fait par observation. Tout au long de la cuisson, le potier doit observer les changements de couleurs, de luminosités et de fumées du four afin d'évaluer la température et la phase de cuisson. En plus de devoir bien contrôler la température, le potier doit également bien connaitre le moment où sa pâte céramique obtient les caractéristiques désirées ainsi que le moment de fusion de sa glaçure. Tout cela lui permet d'éviter le plus de pertes possible lors d'une fournée.
En 1855, Charles Belleau acquiert une terre à La Baie pour y installer son atelier de poterie où il exerce jusqu'à sa mort en 1889. Il produit principalement des terrines, des jarres, des cruches et des bols en terre cuite grossière d'origine locale à glaçure d'aspect brunâtre et brunâtre tacheté de vert. Certaines pièces produites par le potier possèdent un décor géométrique simple, parfois réalisé à la molette. L'analyse de la collection suggère que Charles Belleau pratiquait la cuisson unique pour la majorité de ses productions, seuls quelques objets semblent avoir eu une possible double cuisson comme les jarres et les couvercles.
Selon des témoignages recueillis auprès de ses contemporains par l'ethnologue Marius Barbeau (1883-1969) au début du XXe siècle, Belleau apparait comme un ermite et un personnage excentrique donnant lieu à de nombreuses légendes sur sa vie et ses origines. Selon les mêmes témoignages, Belleau se procure son argile sur son terrain et la malaxe dans un hangar à l'aide d'un moulin mu par un cheval. Il se sert d'un tour de potier pour le façonnage des contenants qu'il fait sécher par la suite sur des tablettes posées aux murs extérieurs ou intérieurs de sa demeure avant de les enfourner. Pour écouler ses productions, Belleau transporte ses pièces à vendre de porte-à-porte dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean comme il est alors coutume à l'époque en région éloignée.
Le mouton a été mis au jour en 1977 sur le site de production céramique de Charles Belleau à l'intérieur des limites d'un ancien puits d'extraction d'argile transformé en dépotoir ou tessonnière. Ce dépotoir comporte une grande quantité de rejets de production. Selon les données archéologiques, Charles Belleau aurait utilisé la dépression dans le sol résultant de l'extraction d'argile pour y jeter ses déchets de production. Ce dépotoir se situe entre sa résidence-atelier et son four. À la fin des années 1970, des analyses de pâtes et de glaçures ont été réalisées sur les rejets de production de Charles Belleau. Il a été démontré que celui-ci a adapté ses glaçures à son procédé de fabrication. Par exemple, Belleau semble utiliser une forte concentration de fondant – plomb et autres oxydes – dans sa glaçure par rapport à la silice – agent de vitrification. Cela suggère qu'il ajoutait davantage de fondant pour pallier la basse température de cuisson de son four.
La cuisson est l'étape la plus cruciale dans le travail de la céramique. Un mauvais contrôle de la température peut provoquer de nombreux défauts, spécialement lorsqu'une surcuisson survient : elle peut engendrer des défauts irréversibles aux pièces céramiques et briser le four. Ce mouton a probablement causé un bris au four de Belleau, comme en démontre la présence d'une brique de four fusionnée à la base de l'objet. Après le défournement, le mouton est rejeté avec d'autres objets défectueux. Traditionnellement, le contrôle de la température se fait par observation. Tout au long de la cuisson, le potier doit observer les changements de couleurs, de luminosités et de fumées du four afin d'évaluer la température et la phase de cuisson. En plus de devoir bien contrôler la température, le potier doit également bien connaitre le moment où sa pâte céramique obtient les caractéristiques désirées ainsi que le moment de fusion de sa glaçure. Tout cela lui permet d'éviter le plus de pertes possible lors d'une fournée.
En 1855, Charles Belleau acquiert une terre à La Baie pour y installer son atelier de poterie où il exerce jusqu'à sa mort en 1889. Il produit principalement des terrines, des jarres, des cruches et des bols en terre cuite grossière d'origine locale à glaçure d'aspect brunâtre et brunâtre tacheté de vert. Certaines pièces produites par le potier possèdent un décor géométrique simple, parfois réalisé à la molette. L'analyse de la collection suggère que Charles Belleau pratiquait la cuisson unique pour la majorité de ses productions, seuls quelques objets semblent avoir eu une possible double cuisson comme les jarres et les couvercles.
Selon des témoignages recueillis auprès de ses contemporains par l'ethnologue Marius Barbeau (1883-1969) au début du XXe siècle, Belleau apparait comme un ermite et un personnage excentrique donnant lieu à de nombreuses légendes sur sa vie et ses origines. Selon les mêmes témoignages, Belleau se procure son argile sur son terrain et la malaxe dans un hangar à l'aide d'un moulin mu par un cheval. Il se sert d'un tour de potier pour le façonnage des contenants qu'il fait sécher par la suite sur des tablettes posées aux murs extérieurs ou intérieurs de sa demeure avant de les enfourner. Pour écouler ses productions, Belleau transporte ses pièces à vendre de porte-à-porte dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean comme il est alors coutume à l'époque en région éloignée.
Le mouton a été mis au jour en 1977 sur le site de production céramique de Charles Belleau à l'intérieur des limites d'un ancien puits d'extraction d'argile transformé en dépotoir ou tessonnière. Ce dépotoir comporte une grande quantité de rejets de production. Selon les données archéologiques, Charles Belleau aurait utilisé la dépression dans le sol résultant de l'extraction d'argile pour y jeter ses déchets de production. Ce dépotoir se situe entre sa résidence-atelier et son four. À la fin des années 1970, des analyses de pâtes et de glaçures ont été réalisées sur les rejets de production de Charles Belleau. Il a été démontré que celui-ci a adapté ses glaçures à son procédé de fabrication. Par exemple, Belleau semble utiliser une forte concentration de fondant – plomb et autres oxydes – dans sa glaçure par rapport à la silice – agent de vitrification. Cela suggère qu'il ajoutait davantage de fondant pour pallier la basse température de cuisson de son four.
Élément(s) associé(s)
Personnes associées : Belleau, Charles (1813 – 1889)
RÉFÉRENCES
BARBEAU, Marius. Maîtres artisans de chez-nous. Montréal, Les Éditions du Zodiaque, 1942. 220 p.
BLONDEL, Nicole. Céramique : vocabulaire technique. Paris, Éditions du patrimoine, 2014. 432 p.
Ethnoscop inc. Patrimoine archéologique des poteries, briqueteries, tuileries et fabriques de pipes au Québec. Étude produite dans le cadre de la participation du Québec au Répertoire canadien des lieux patrimoniaux, volet archéologique. Québec, Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, 2009. 52 p.
LITH, Jean-Paul van. Céramique : dictionnaire encyclopédique. Paris, Éditions de l'Amateur, 2000. 452 p.
PROULX, André. L'atelier céramique Charles Belleau, La Baie (Chicoutimi), 1855-1889. Dossier, 47. Québec, Ministère des affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1980. 246 p.
VOIR LA FICHE DU RÉPERTOIRE DU PATRIMOINE CULTUREL DU QUÉBEC 235340
Mouton
IDENTIFICATION+
Autre(s) nom(s)
Bloc de terrine
Brique
Cerce
Raté de cuisson
Raté de production
Rejet de production
Support
Terrine
Numéro(s)
Numéro archéologique : DbEr-1-14D1g-70
Autres numéros
Numéro précédent : 3CI-14D1g-70
Numéro précédent : 3C1-14D1g-70
Fonctions / usages
Le mouton est un rejet de production céramique, où plusieurs pièces sont affaissées, déformées et fusionnées par l'utilisation d'une chaleur excessive pendant la cuisson. La chaleur crée ainsi une agglomération en bloc d'objets céramiques. Ils prennent donc des formes et tailles diverses, mais présentent certaines caractéristiques communes (fusion, déformation et vitrification). Il s'agit du résultat extrême d'une surcuisson d'objets dans un four de potier.
Matériaux
Céramique - terre cuite grossière (commune) (Locale indéterminée)
Classification(s)
Outils et équipement pour les matériaux > Alimentation : préparation et conservation des aliments
Outils et équipement pour les matériaux > Travail du verre, du plastique, de l'argile, de la cire > Travail de l'argile
Lieu(x) de production
Amérique du Nord > Canada > Québec > Saguenay-Lac-Saint-Jean > Saguenay > La Baie
Dimensions
Hauteur (Mesurée / intégral) : 20,2 cm
Largeur (Mesurée / intégral) : 34,4 cm
Longueur (Mesurée / intégral) : 34,4 cm
Technique(s) de fabrication :
Moulé
Tourné
Façonné
Glaçure
Découpé
Cuit
Préhistoire/Histoire
historique
Période
Le Québec moderne (1867 à 1960)
Le Régime britannique (1760 à 1867)
Dates
Production : après 1855 - avant 1889
Intervention archéologique : 1977
Altérations
Déformation
(Cuisson de fabrication)
: Sur l'ensemble de la structure
Coulure
(Cuisson de fabrication)
: Sur l'ensemble de la structure
DESCRIPTION+
Description
Le mouton est un rejet de production céramique datant de la deuxième moitié du XIXe siècle. Ce mouton est composé de plusieurs objets en terre cuite grossière d'origine locale qui sont déformés et agglomérés entre eux à la suite d'une surcuisson. S'y trouvent quatre terrines à glaçure au plomb empilées les unes dans les autres, dix supports en « L » sans glaçure ainsi qu'une brique de four. La couleur de la pâte et celle de la glaçure sont altérées par la chaleur et la pâte est vitrifiée. Le mouton présente une longueur et une largeur moyenne de 34,4 cm et une hauteur maximale de 20,2 cm. Les supports en « L » sont disposés en rangée autour des terrines. Ces supports d'enfournement d'une hauteur moyenne de 4,7 cm à 5,2 cm sont en terre cuite grossière sans glaçure. La brique est en terre cuite grossière d'origine locale sans glaçure. Elle mesure 19,2 cm de longueur, 10,4 cm de largeur et 5,2 cm d'épaisseur.
Intégrité
Objet entier (100% de l'objet)
Nombre de biens
1
LIEU DE CONSERVATION+
NOM DE L'ORGANISME
Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec
ADRESSE
1825, rue Semple
MUNICIPALITÉ
Québec
MRC
Québec
RÉGION ADMINISTRATIVE
Capitale-Nationale